Xiaomi YU7 : le SUV électrique chinois qui veut détrôner Tesla après avoir conquis Pékin
Sous une chaleur écrasante de plus de 40°C, Pékin ne ralentit jamais. C’est dans cette ville bouillonnante d’activités, mêlant tradition millénaire et innovation technologique, que Xiaomi, le géant chinois bien connu pour ses smartphones, déroule son plan ambitieux : conquérir le marché de l’automobile électrique. Après avoir bousculé le monde de l’électronique grand public, le constructeur veut aujourd’hui s’imposer face aux ténors de l’industrie automobile. Sa nouvelle arme ? Le Xiaomi YU7, un SUV 100% électrique qui a déjà séduit des centaines de milliers de Chinois… et qui regarde désormais vers l’Europe.
Du téléphone au volant : la stratégie tentaculaire de Xiaomi
Fondée en 2010 par Lei Jun, Xiaomi a gravi les échelons à une vitesse fulgurante. Numéro 3 mondial du smartphone en 2024, avec 168,6 millions d’unités écoulées, le groupe ne se contente plus des téléphones, tablettes ou aspirateurs connectés. Il veut créer un véritable écosystème : « Human x Car x Home ». L’idée ? Que chaque geste du quotidien passe par l’univers Xiaomi, du frigo au volant, en passant par les lunettes connectées. Un modèle d’intégration totale qui prend aujourd’hui une dimension nouvelle avec l’automobile.
La première incursion de Xiaomi dans ce secteur s’est faite avec la berline électrique SU7, lancée en mars 2024. Mais la firme voit plus grand avec son SUV YU7, dévoilé récemment. Le pari est clair : concurrencer frontalement Tesla, et notamment le Model Y, tout en cassant les prix.
Le YU7 : entre style, technologie et performances

À Pékin, où trône le YU7 à l’entrée du siège de Xiaomi, le SUV attire autant par sa silhouette que par sa fiche technique. Long de près de 5 mètres, le véhicule affiche une esthétique léchée, empruntant à Ferrari, McLaren et Aston Martin pour son design. À l’intérieur, l’ambiance est tout aussi soignée : habitacle spacieux, rangements nombreux, confort élevé et arsenal technologique dernier cri.
Disponible en trois versions – Standard, Pro et Max – le YU7 envoie un signal fort. La version Max, forte de 690 chevaux, atteint les 100 km/h en seulement 3,23 secondes et propose jusqu’à 760 km d’autonomie (CLTC). Même la version Standard promet 835 km d’autonomie et une vitesse de pointe de 240 km/h pour un tarif d’entrée d’environ 30 000 euros en Chine. Des chiffres alléchants, surtout face à des concurrents premium bien plus onéreux.
Une commercialisation 100% chinoise pour le moment
L’engouement en Chine est réel : Xiaomi affirme avoir reçu près de 240 000 réservations en seulement quelques heures. Même si ces chiffres ne peuvent être vérifiés de manière indépendante, l’enthousiasme autour du modèle est palpable. Toutefois, le YU7 n’est pour l’instant commercialisé que sur le marché chinois. Xiaomi ne cache cependant pas ses ambitions internationales, et la marque pourrait lancer ses voitures en Europe dès 2027.
Pour cela, Xiaomi devra franchir plusieurs étapes : renforcer son image de marque sur le Vieux Continent, construire un réseau de distribution et d’entretien fiable, et surtout, convaincre des automobilistes qui ne l’identifient encore que comme un fabricant de téléphones. Un défi que le constructeur semble prêt à relever, notamment en établissant des records sur des circuits emblématiques. Sur le Nürburgring, la SU7 Ultra a signé un temps spectaculaire de 6 minutes 46 secondes, surpassant Tesla et Porsche sur leur propre terrain.
L’industrie mondiale sous le choc
Même Jim Farley, PDG de Ford, n’a pas hésité à vanter les mérites de la berline SU7, qu’il conduit depuis plusieurs mois. Il l’a qualifiée de « fantastique », au point de ne plus vouloir la rendre. Une déclaration qui en dit long sur l’évolution rapide de l’industrie automobile chinoise, autrefois moquée, désormais redoutée.
Avec ses prix agressifs, sa qualité de fabrication et ses technologies embarquées de haut niveau, Xiaomi semble prêt à secouer un marché électrique en pleine mutation. Le tout soutenu par une usine robotisée ultra moderne à la périphérie de Pékin, où l’humain semble avoir presque totalement disparu du processus de fabrication.
Et demain ?
Le chemin vers l’international est encore semé d’embûches. Xiaomi devra notamment répondre aux normes de sécurité, aux exigences d’homologation et aux attentes de consommateurs souvent plus exigeants en matière de service après-vente. Mais s’il parvient à adapter son modèle économique hors de Chine, le YU7 pourrait bien devenir l’un des SUV électriques les plus disruptifs des prochaines années.
Une chose est sûre : du smartphone à la voiture électrique, Xiaomi est en train de réécrire les règles du jeu technologique mondial. Et ce n’est que le début.
