Pourquoi 8 entreprises sur 10 louent leurs voitures électriques plutôt que de les acheter
La transition vers l’électromobilité s’accélère, mais elle ne se fait pas sans prudence. En France, une tendance s’est nettement affirmée : les entreprises préfèrent largement louer leurs véhicules électriques plutôt que de les acheter. En 2024, 78 % des immatriculations de voitures électriques en entreprise se sont faites via la location longue durée (LLD). Un chiffre révélateur d’une stratégie calculée, face à un marché en constante évolution.
Une réponse stratégique à l’instabilité
Le contexte économique incertain et les nombreuses réformes réglementaires ont poussé les entreprises à repenser leurs investissements automobiles. Le recul de 2,6 % du marché global en 2024 a renforcé cette dynamique de prudence. Contrairement aux ventes classiques, la LLD, elle, a progressé de 0,4 %, atteignant 621 921 immatriculations.
En optant pour la LLD, les entreprises privilégient la souplesse. Le système permet de s’affranchir de l’engagement financier lourd que représente l’achat d’un véhicule, tout en conservant un outil de travail fonctionnel et à jour technologiquement. Ce mode de financement permet surtout de s’adapter à un environnement incertain : bonus écologiques qui évoluent, zones à faibles émissions toujours plus contraignantes, incertitudes fiscales… autant de variables difficiles à anticiper à long terme.
Les spécificités du véhicule électrique renforcent la logique de la LLD
Le cas des voitures électriques illustre encore plus fortement cette logique. Leur coût d’acquisition est souvent plus élevé que celui des modèles thermiques équivalents. À cela s’ajoute une valeur résiduelle difficile à estimer à moyen ou long terme, notamment à cause des évolutions rapides des technologies de batteries ou encore du marché de l’occasion qui reste jeune et instable.
En choisissant la location longue durée, les entreprises se déchargent de ce risque. Ce sont les loueurs qui portent la responsabilité de la revente du véhicule à terme. C’est donc une manière de protéger leurs comptes contre d’éventuelles pertes, tout en ayant accès à des véhicules récents et adaptés aux nouvelles exigences de mobilité.
Les chiffres confirment cette tendance : sur les 142 973 véhicules électriques immatriculés par des entreprises en 2024, 110 826 l’ont été via des contrats de LLD. Le message est clair : pour les véhicules zéro émission, louer devient la norme.

Une LLD qui résiste à la contraction du marché
L’année 2025 a démarré sur une note morose pour les ventes de véhicules neufs en entreprise. Au premier semestre, les immatriculations de voitures particulières ont chuté de 12 %, celles des utilitaires légers de 13,2 %. Pourtant, les loueurs longue durée affichent une croissance de leur parc de 3,4 %, selon les données des membres de SesamLLD. En d’autres termes, même en pleine tempête, la LLD gagne du terrain.
Cette résilience s’explique aussi par les avantages opérationnels qu’offre ce type de contrat : maintenance incluse, assurance intégrée, remplacement des véhicules, ou encore services de gestion de flotte. Pour les entreprises, cela permet une meilleure prévisibilité des coûts, essentielle dans un contexte de maîtrise budgétaire.
Une solution durable pour une mobilité en mutation
La LLD n’est pas seulement une réponse temporaire à la crise. Elle s’inscrit dans une logique plus large d’adaptation au changement. Alors que les ZFE s’étendent dans les grandes agglomérations françaises et que les pressions environnementales augmentent, les flottes doivent s’adapter en permanence. En louant leurs véhicules, les entreprises peuvent renouveler leur parc plus fréquemment, limitant ainsi leur impact écologique tout en respectant les réglementations locales.
Cette souplesse est aussi une opportunité pour les sociétés de leasing, qui ne se contentent plus de proposer des véhicules, mais accompagnent désormais leurs clients dans la gestion de leur transition énergétique. De simples fournisseurs, ils deviennent des partenaires de mobilité.
Un modèle appelé à s’ancrer durablement
La location longue durée s’est imposée comme le modèle dominant dans la gestion de flotte électrique. Et cette dynamique ne semble pas prête de s’inverser. En 2025, la prudence reste de mise, mais elle s’exprime de plus en plus sous la forme d’une gestion optimisée, prévoyante et agile.
Pour les entreprises, la LLD représente une forme de liberté dans un secteur marqué par de nombreuses contraintes. Et pour le marché automobile, elle incarne peut-être la nouvelle norme : une mobilité flexible, intelligente, et adaptée à un monde en mutation rapide. Le succès de la LLD dans le segment des voitures électriques ne relève donc pas du hasard, mais bien d’un choix rationnel, dicté par la complexité du réel.
