Moteur 1.2 PureTech : Stellantis prolonge la garantie à 10 ans après des années de polémiques

Moteur 1.2 PureTech : Stellantis prolonge la garantie à 10 ans après des années de polémiques

Le moteur 1.2 PureTech, produit emblématique du groupe Stellantis, fait depuis plusieurs années l’objet de vives critiques en raison de problèmes récurrents de fiabilité. Face à la multiplication des plaintes et à l’érosion de la confiance des consommateurs, le groupe automobile a décidé de réagir en profondeur. Depuis mars 2024, une extension de garantie ambitieuse est proposée : 10 ans ou 175 000 kilomètres de couverture, selon la première échéance atteinte. Cette mesure vise à rassurer les clients concernés par les pannes, notamment celles liées à la courroie de distribution, cause principale des défaillances moteur observées.

Une panne courante, des conséquences lourdes

Le moteur 1.2 PureTech, apparu dans les gammes Peugeot, Citroën, Opel, DS et d’autres marques du groupe, a séduit par sa compacité et ses performances, tant en version atmosphérique qu’en turbo. Toutefois, une faiblesse persistante a terni sa réputation : la dégradation prématurée de la courroie de distribution, qui peut entraîner une casse moteur. Ce défaut touche les modèles produits entre avril 2014 et 2022, soit une large partie du parc automobile roulant aujourd’hui.

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Les réparations de ces avaries sont coûteuses, parfois supérieures à la valeur du véhicule, ce qui a poussé de nombreux propriétaires à se retourner contre le constructeur. La pression médiatique et les multiples témoignages ont fini par provoquer une réaction officielle de Stellantis.

Une extension de garantie sous conditions strictes

Désormais, les véhicules concernés peuvent bénéficier d’une garantie prolongée jusqu’à 10 ans ou 175 000 kilomètres. Tous les moteurs 1.2 PureTech de première et de deuxième génération, qu’ils soient atmosphériques ou turbocompressés, sont potentiellement éligibles. Toutefois, cette extension n’est pas automatique : pour être couverts, les conducteurs doivent remplir plusieurs conditions.

Le constructeur exige que l’entretien ait été réalisé selon les préconisations officielles, avec présentation des trois dernières factures. Un dépassement de trois mois ou de 3 000 km est toléré, preuve d’une certaine souplesse. En revanche, le diagnostic et la réparation doivent être effectués exclusivement dans une concession agréée du réseau Stellantis. Sans cela, la garantie ne sera pas activée.

Une plateforme pour les indemnisations rétroactives

Stellantis ne se contente pas d’une garantie préventive. Le groupe a également mis en place une plateforme d’indemnisation à destination des propriétaires ayant déjà payé de leur poche des réparations dues à un dysfonctionnement du moteur 1.2 PureTech. Si la panne est intervenue entre le 1er janvier 2022 et le 31 décembre 2024, et si l’entretien a été respecté scrupuleusement, un dossier peut être soumis pour demander un remboursement.

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La prise en charge peut atteindre 100 % des frais, pièces et main-d’œuvre comprises, notamment en cas de dégradation prématurée de la courroie ou de consommation excessive d’huile. Cette mesure pourrait soulager de nombreux automobilistes qui, jusqu’ici, n’avaient aucune réponse concrète de la part du constructeur.

Quels modèles sont concernés ?

La liste complète des modèles concernés par l’extension de garantie est longue, car le moteur 1.2 PureTech a été massivement utilisé dans les gammes compactes et citadines de Stellantis. Parmi eux, on retrouve les Peugeot 208, 2008, 308 et 3008, les Citroën C3, C4 et C5 Aircross, les DS3 Crossback et DS4, ainsi que plusieurs modèles Opel comme la Corsa ou le Mokka. Chaque propriétaire est invité à se rapprocher d’une concession pour vérifier l’éligibilité de son véhicule et entamer la procédure si besoin.

Stellantis en quête de rédemption

Cette campagne de garantie s’inscrit dans une volonté plus large du groupe de redorer son image, alors que d’autres affaires secouent encore le géant automobile. En parallèle des soucis liés au moteur PureTech, Stellantis fait face à des réclamations sur les moteurs diesel BlueHDi, notamment en raison de réservoirs d’AdBlue défectueux. Là encore, une plateforme d’indemnisation spécifique a été déployée.

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Le groupe continue également de gérer les rappels massifs liés au scandale mondial des airbags Takata, dont les conséquences se font encore sentir dans plusieurs pays.

Un geste fort mais attendu

Avec cette extension de garantie et les dispositifs d’indemnisation, Stellantis tente clairement de reprendre la main. Il s’agit autant d’un geste commercial que d’un aveu implicite sur la réalité des défauts constatés. Reste à savoir si cette initiative suffira à reconquérir la fidélité des clients, dans un marché automobile où la transparence et la fiabilité sont devenues des critères essentiels.

À l’heure où la concurrence se fait plus féroce, notamment avec l’émergence de marques asiatiques très bien positionnées sur les segments grand public, Stellantis ne peut se permettre d’ignorer les attentes de ses utilisateurs. Cette nouvelle politique pourrait bien marquer un tournant, en posant les bases d’une relation plus responsable entre constructeur et automobiliste.

Clément

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