Hybrides rechargeables en chute libre en 2025 : le malus au poids fait des ravages
Le marché français des véhicules hybrides rechargeables, longtemps dopé par une fiscalité avantageuse et des incitations à la transition énergétique, connaît une chute vertigineuse en 2025. Cette dégringolade s’explique en grande partie par l’entrée en vigueur d’un malus au poids élargi, qui frappe de plein fouet les modèles les plus lourds, notamment les SUV familiaux. Alors que certains modèles résistent, d’autres s’effondrent littéralement, dessinant une nouvelle hiérarchie dans le paysage des motorisations alternatives.
Un coup d’arrêt net dû au malus au poids
Depuis janvier 2025, les règles du jeu ont changé. La France applique désormais un malus au poids à tous les véhicules hybrides rechargeables dépassant les 1 800 kg, quelle que soit leur autonomie en mode 100 % électrique. Même si ces véhicules bénéficient encore d’un abattement de 200 kg, la taxe reste particulièrement salée pour les modèles les plus massifs. Résultat : les ventes de PHEV (Plug-in Hybrid Electric Vehicle) chutent de plus de 30 % au premier semestre, une baisse bien plus marquée que celle de l’ensemble du marché automobile, en recul de 7,95 % sur la même période.
Les grands perdants : les SUV premium

Parmi les modèles les plus impactés, on retrouve des SUV de luxe et familiaux qui étaient pourtant les locomotives du segment en 2024. Le Mercedes GLC, leader l’année dernière, voit ses ventes chuter de plus de 70 %, avec à peine 666 immatriculations pour sa version essence hybride rechargeable et 499 pour sa déclinaison diesel 300 de. D’autres modèles haut de gamme subissent des chutes encore plus spectaculaires : le Porsche Cayenne dégringole de 86 %, le Volkswagen Touareg de 90 %, et même le BMW X5 accuse un repli de 64 %.
La marque Range Rover, pourtant habituée à séduire les clientèles aisées, est en grande difficulté. Le Range Rover Sport n’a séduit que huit acheteurs en six mois, tandis que l’Evoque, pourtant plus compact, n’a été écoulé qu’à 16 exemplaires dans sa version PHEV.
Peugeot en difficulté malgré un positionnement plus populaire
Le malus au poids n’est pas le seul facteur de la chute des ventes. Chez Peugeot, la version hybride rechargeable du 3008 a souffert d’un lancement tardif, ce qui explique une baisse de 64 % de ses immatriculations. Les modèles plus compacts comme les 308 et 408 ne sont pas épargnés non plus, avec des chutes respectives de 66 % et 78 %, en attendant leurs évolutions attendues en concession. Un revers cinglant pour la marque au lion, pourtant bien implantée sur le marché français.
Des modèles qui résistent : l’exemple du Volkswagen Tiguan

Dans ce contexte morose, certains hybrides rechargeables parviennent malgré tout à tirer leur épingle du jeu. En tête des ventes sur le premier semestre 2025, le Volkswagen Tiguan fait figure de miraculé. Avec 4 547 immatriculations, il s’impose largement devant la concurrence. Son poids, juste en dessous du seuil critique (entre 1 866 kg et 1 879 kg), lui permet d’échapper à un malus trop pénalisant, ce qui en fait une option encore viable pour de nombreux foyers.
Sur la deuxième marche du podium, on retrouve le Cupra Formentor, qui évite lui aussi la taxe grâce à son gabarit plus raisonnable. Le BMW X3 complète le trio de tête malgré un poids supérieur et un malus appliqué, sans doute grâce à l’effet nouveauté lié au lancement récent de sa quatrième génération. Juste derrière, le X1, plus compact, s’impose comme une alternative crédible, à égalité avec le Mercedes GLA, qui permet de sauver les meubles chez la marque à l’étoile.
Le Top 10 des hybrides rechargeables au 1er semestre 2025
1. Volkswagen Tiguan : 4 547 immatriculations
2. Cupra Formentor : 2 739
3. BMW X3 : 2 265
4. BMW X1 : 2 248
5. Mercedes GLA : 2 058
6. Toyota C-HR : 1 865
7. Volkswagen Golf : 1 782
8. BYD Seal U : 1 778
9. Audi A3 Sportback : 1 631
10. Cupra Terramar : 1 467
Un avenir incertain pour les hybrides rechargeables
Cette tendance marque peut-être le début de la fin pour les hybrides rechargeables en France, du moins dans leur forme actuelle. L’alourdissement des véhicules, lié notamment aux batteries, devient un véritable handicap fiscal. Dans le même temps, la montée en puissance des voitures 100 % électriques, éligibles à des bonus plus généreux et désormais dotées d’autonomies confortables, rend l’alternative hybride moins séduisante.
Si certains constructeurs réussissent à adapter leur offre et à rester compétitifs malgré les nouvelles règles, d’autres devront repenser leur stratégie. L’heure est sans doute venue pour les marques automobiles de faire des choix clairs : alléger leurs modèles, améliorer l’efficacité énergétique ou accélérer la transition vers le tout-électrique. En attendant, les chiffres du premier semestre 2025 tracent une ligne de fracture nette dans l’évolution du marché automobile français.
