Ferrari 308 GTB fête ses 50 ans : l’icône qui a marqué l’histoire des supercars
Cinquante ans après sa présentation, la Ferrari 308 GTB continue de captiver les passionnés comme au premier jour. Ce modèle devenu une icône mondiale a accompagné l’évolution des supercars contemporaines, marqué la culture populaire et façonné l’héritage technologique de Maranello. À l’heure où les constructeurs réinventent la sportivité avec l’hybridation ou l’électrification, la 308 GTB rappelle ce moment charnière où Ferrari a fait entrer son V8 central dans une nouvelle dimension. Retour sur un demi-siècle d’histoire, de style et de sensations.
Ferrari 308 GTB une nouvelle ère pour le V8 de Maranello
Lorsque la 308 GTB apparaît en octobre 1975, Ferrari sort d’une période de transition. La Dino 246 GT a transmis l’idée d’une sportive légère et agile, mais le constructeur souhaite désormais affirmer une identité plus marquée autour du moteur V8. La réponse prend la forme d’un coupé compact à la silhouette tranchante, premier modèle de série Ferrari à recevoir un V8 central arrière sous son propre nom.
Au-delà de sa configuration mécanique, la 308 GTB inaugure une innovation majeure pour Ferrari avec une carrosserie entièrement réalisée en fibre de verre. Ce choix, rare pour un constructeur traditionnellement attaché au métal, permet d’abaisser la masse et d’optimiser la répartition des charges. Seuls environ sept cents exemplaires naîtront avec cette matière avant le retour à l’acier en 1976, ce qui fait aujourd’hui de ces premières séries des versions très recherchées.
Le design signé Leonardo Fioravanti pour Pininfarina contribue immédiatement à sa renommée. Les galbes marqués des ailes, les prises d’air discrètes mais sculptées, la poupe fine et dynamique et les phares escamotables résument l’esprit Ferrari des années soixante dix. Tout s’inspire du concept P6 Berlinetta Speciale, une étude de style qui avait déjà posé les bases du langage visuel moderne de la marque. La 308 GTB devient très vite l’un des coupés les mieux proportionnés de la décennie.
Sous ce dessin emblématique se cache un V8 de 2,9 litres monté transversalement. Alimenté par quatre carburateurs Weber, il développe 255 chevaux et grimpe jusqu’à 7700 tr par minute. Le châssis tubulaire, vif et rigoureux, associé au chant métallique du moteur, offre une expérience de conduite authentique qui a marqué de nombreux pilotes et propriétaires. L’ensemble annonce clairement la ligne des futures Berlinetta à V8.
Ferrari 308 GTB une star de la télé devenue icône mondiale

Comme souvent avec les modèles cultes, la réussite de la 308 ne se limite pas à ses performances. Lorsque la série américaine Magnum PI la met en avant au début des années quatre vingt, la visibilité de la voiture explose. Le détective Thomas Magnum sillonne Hawaï à bord d’une 308 GTS rouge qui devient instantanément l’une des voitures les plus reconnaissables du petit écran. La silhouette tendue du coupé, son capot plongeant et ses célèbres jantes en étoile passent d’un mythe de connaisseurs à une icône planétaire.
Dans le même temps, Ferrari fait évoluer sa mécanique. En 1980, la 308 GTBi adopte l’injection électronique, puis la Quattrovalvole apparaît en 1982 avec une culasse à quatre soupapes par cylindre et une puissance portée à 240 chevaux. La gamme gagne en fiabilité, en agrément et en cohérence avec les normes qui s’imposent alors. La 308 poursuit sa carrière jusqu’en 1985, atteignant plus de douze mille exemplaires et devenant un temps le modèle le plus vendu de l’histoire Ferrari.
Mais l’héritage de la 308 GTB va bien plus loin. C’est sur sa base que Maranello développe sa première supercar moderne, la 288 GTO en 1984. Cette dernière servira elle même de fondation à la F40, devenue l’une des icônes ultimes du constructeur. Toute la lignée des Berlinetta à V8 lui doit quelque chose, de la 328 à la F355, de la 360 Modena à la F430, puis jusqu’aux 458, 488, F8 Tributo et enfin 296 GTB.
Cinquant ans après son apparition, la 308 GTB reste un trésor pour les collectionneurs. Elle symbolise un équilibre rare entre tradition artisanale, audace technique et modernité de style. Elle incarne aussi un moment où Ferrari a trouvé la formule qui allait dominer plusieurs décennies. Une formule simple et pourtant géniale reposant sur un moteur central léger, un design pur et une philosophie tournée vers la passion.
