À San Francisco, des geeks bloquent 50 voitures Waymo pour le fun !
À San Francisco, une bande de jeunes férus de technologie a tenté un coup d’éclat en bloquant volontairement des dizaines de voitures autonomes Waymo. Ce canular géant, censé tester la réactivité du service de robotaxis de Google, a provoqué un embouteillage inédit mais sans véritable conséquence technique. L’incident a pourtant mis en lumière les enjeux grandissants de la mobilité sans conducteur.
Une farce géante dans une impasse
Tout est parti d’une idée un peu folle imaginée par Riley Walz, un jeune ingénieur de 23 ans passionné de nouvelles technologies. Avec l’aide d’amis partageant son goût du défi, il a organisé un test grandeur nature contre Waymo, filiale d’Alphabet et pionnière des taxis autonomes aux États-Unis. Le plan consistait à commander simultanément une cinquantaine de véhicules Waymo depuis un même lieu, la plus longue impasse de San Francisco, au pied de la célèbre Coit Tower.
Quelques minutes plus tard, la rue s’est remplie de Jaguar I-Pace électriques, toutes aux couleurs de Waymo, arrivant les unes après les autres sans conducteurs à bord. Très vite, les robotaxis se sont retrouvés bloqués nez à nez, incapables de manœuvrer pour se dégager. Les passants, témoins amusés, ont filmé la scène qui s’est propagée à une vitesse folle sur les réseaux sociaux. On y voyait une véritable nasse technologique, symbole d’un futur encore fragile.
Waymo ne se laisse pas piéger
Si l’image du bouchon 100 % autonome a fait sourire, l’entreprise Waymo n’a pas été prise au dépourvu. Ses systèmes ont rapidement identifié l’anomalie et suspendu toute nouvelle course dans le secteur. Un porte-parole a expliqué que les flottes Waymo étaient conçues pour absorber des pics soudains de demande, comme après un concert ou un événement sportif. L’incident a donc bien provoqué un embouteillage, mais aucun bug ni dysfonctionnement du logiciel.
En réalité, les voitures ont simplement attendu la fin du blocage pour reprendre leur service normal. Ce genre de situation, bien qu’inattendue, fait partie des scénarios envisagés par les ingénieurs. Les équipes de supervision à distance ont aussi pu suivre l’évolution de l’incident en temps réel.
Un canular révélateur des défis de l’autonomie

Baptisée avec humour « Waymo DDOS », en référence aux attaques informatiques par saturation, cette opération illustre les défis auxquels sont confrontés les véhicules autonomes. Les voitures doivent être capables de gérer des situations exceptionnelles sans l’intervention d’un humain, tout en restant sûres pour les piétons et les autres usagers. Ce test improvisé montre à quel point la coordination logicielle entre les véhicules et les serveurs de commande reste cruciale.
Au-delà du côté amusant, l’événement pose la question de la vulnérabilité des systèmes face à des comportements coordonnés de simples utilisateurs. Si un petit groupe peut immobiliser des dizaines de véhicules pour le plaisir, que se passerait-il avec des intentions malveillantes ou à plus grande échelle ?
Des précédents et des leçons à retenir
Ce n’est pas la première fois que des voitures autonomes se retrouvent bloquées en milieu urbain. Il y a quelques mois, plusieurs véhicules Waymo et Cruise, filiale de General Motors, avaient été paralysés à proximité d’un festival à cause d’un problème de connectivité. L’incident avait provoqué un embouteillage monstre dans un quartier entier. Ces événements rappellent que même les systèmes les plus sophistiqués peuvent être pris en défaut par des circonstances inhabituelles.
Riley Walz, le jeune instigateur de l’expérience, assure qu’il ne voulait pas nuire à Waymo ni causer de dégâts. Son objectif, selon lui, était simplement de tester la logique d’un service présenté comme infaillible. Il confie s’être amusé du résultat, même s’il n’avait pas prévu que chaque voiture bloquée facturerait automatiquement cinq dollars de frais d’annulation aux faux clients.
Entre curiosité, jeu et provocation, cette initiative résume bien le climat technologique de San Francisco, où l’innovation côtoie sans cesse l’expérimentation. L’épisode du « bouchon autonome » restera sans doute dans les annales comme une scène à la fois absurde et révélatrice du chemin qu’il reste à parcourir avant que la mobilité totalement sans conducteur ne devienne banale.
